Erwin de Steinbach (1244 - 17 janvier 1318, Strasbourg) est un architecte allemand, considéré comme le maître d'œuvre de la cathédrale de Strasbourg.
L’Église représente le christianisme triomphant, face à l’Ancienne Alliance (entre Yahvé et le peuple hébreu) symbolisée par La Synagogue.
Sur le transept Sud, cette statue à gauche représente le Nouveau Testament (entre dieu et les chrétiens) victorieux, face à l’Ancienne Alliance (celle conclue entre Yahvé et les Hébreux). Sous les traits d’une femme couronnée et vêtue d’un manteau sur sa tunique, elle tient dans ses mains une croix et un calice : elle est une guerrière victorieuse.
Une ancienne inscription aujourd’hui disparue (visible jusqu’au XVIIème siècle) indiquait ceci « Avec le sang du Christ, je l’emporte sur toi ».
À noter le travail minutieux réalisé pour donner vie au tissu de la tunique avec un drapé naturel et élégant. La majesté de L’Église est sublimée par sa posture et la longueur démesurée de ses jambes, soulignée par la verticalité des plis.
La Synagogue représente la défaite et l’erreur face au christianisme triomphant, symbolisé par L’Église.
Située sur la droite su portail Sud, cette statue représente l’Ancienne Alliance (celle conclue entre Yahvé et les Hébreux) face à la statue de l’Église, symbolisant le Nouveau Testament (entre dieu et les chrétiens) victorieux. Contrairement à l’Église, elle ne porte ni manteau ni couronne et tient dans sa main droite une lance brisée, autant d’éléments symbolisant sa défaite. Ses yeux bandés comme sa tête baissée soulignent qu’elle vit dans l’erreur.
À noter le travail minutieux réalisé pour donner vie au tissu de la tunique avec un drapé naturel et élégant. La verticalité de la statue, soulignée par le drapé et la longueur irréelle des bras et des jambes, contraste avec la tête baissée et la lance brisée, accentuant ainsi la sensation d’abattement et d’humilité face à l’Église victorieuse.
La ville libérée va enfin pouvoir panser ses plaies et commencer à effacer les traces de l’Occupation.
Après les bombardements alliés, la 2e division blindée du général Leclerc libère enfin Strasbourg de l’occupant allemand.
« La flèche de votre cathédrale est demeurée notre obsession, déclare-t-il. Nous avions juré d’y arborer de nouveau les couleurs nationales : c’est chose faite. »
Dans Strasbourg libéré, deux enfants jouent sur une mitrailleuse abandonnée par les Allemands. Ces derniers, maintenant prisonniers, déblaient les gravats un peu plus loin.
C’était en novembre 1944, place Kléber, à Strasbourg.
À la veille de la déclaration de guerre, les Strasbourgeois reçoivent l’ordre d’évacuer la ville en deux jours. Ils n’ont droit qu’à 30 kg de bagages, de la nourriture pour quatre jours et une carte de réfugié. Ils sont transportés dans des wagons de marchandises pour un long et pénible voyage. Leur destination : Périgueux.
En cachette, les Strasbourgeois laissent derrière eux leurs maisons, leurs biens, leur travail et leurs animaux domestiques. La ville est déserte. Les troupes en patrouille nourrissent les chats laissés par leurs maîtres.
C’était au printemps 1940, rue des Juifs, à Strasbourg.
Les chars de la 2e DB entrent dans la ville. C'est la libération de Strasbourg le 23 novembre 1944
La 2e division blindée, séparée en cinq colonnes, fonce par des itinéraires différents vers Strasbourg. « Tissus est dans iode » est le code utilisé par le lieutenant-colonel Rouvillois pour annoncer au général Leclerc qu’il est entré dans la ville. Il est 9 h 30 du matin. Passants, cyclistes et tramways circulent. Les autorités allemandes sont prises de court. De nombreux soldats et fonctionnaires allemands sont faits prisonniers. Ici, les civils posent aux côtés des chars de la Libération en toute simplicité.
C’était le 23 novembre 1944, place Kléber, à Strasbourg.
Cette germanisation touche également les noms et prénoms des habitants.
Le 2 août 1940, l’Alsace rattachée à l’Allemagne subit une politique de germanisation très dure. La langue française est interdite, les vies associatives et religieuses disparaissent. Le nom des rues et des avenues sont germanisés. La place Broglie débaptisée devient alors Adolph Hitler Platz. Ici, une enseigne de magasins est traduite en allemand.
Cette germanisation touche également les noms et prénoms de la population et cela jusqu’aux inscriptions sur les pierres tombales. C’était en 1940, rue du 22 novembre, à Strasbourg.
La France vient de perdre la guerre, elle est désormais coupée en deux. L’Alsace-Moselle redevient un territoire allemand. Très rapidement, le retour des populations évacuées est organisé. Alors que certains préfèrent rester en France, d’autres, comme cette famille, reviennent après dix mois d’exode forcé. Ils retrouvent une ville pavoisée de drapeaux nazis. Désormais, la langue française est interdite.
C’était un jour de juillet 1940, rue de la Fonderie, à Strasbourg.
Strasbourg, désormais annexé au Troisième Reich, vit sous le joug de l’occupant. La Seconde Guerre mondiale déchire le monde. Les Strasbourgeois, revenus après l’évacuation, sont désormais soumis à la germanisation, à l’incorporation et à l’embrigadement de leur jeunesse. Pourtant, sous les ponts, les lavandières continuent leurs tâches quotidiennes en toute saison, à genoux au bord de l’eau ou dans des bateaux-lavoirs. Elles frottent le linge avec de la cendre, le battent avant de le rincer et de l’essorer.
C’était entre 1940 et 1944, quai de la Petite France, à Strasbourg.
Certains Strasbourgeois gardent leur volet fermé en signe de protestation.
Durant l’annexion, l’empereur allemand Guillaume II se rend à de nombreuses reprises à Strasbourg.
Ici, il est accueilli dans un faste exceptionnel. Un obélisque a été dressé au centre de la place de la gare. Des parterres de fleurs et des mats de 30 m décorés aux couleurs de la ville et de l’empire ornent les rues.
Mais ces opérations de conquête d’une opinion publique restée majoritairement défavorable coûtent cher.
Certains Strasbourgeois gardent leur volet fermé en signe de protestation, mais rien n’interdit de penser qu’il profite discrètement du spectacle.
C’était en 1908. Rue du Maire Kuss à Strasbourg.