Les Munstériens l’appellent « s Bàssiàl », contraction d’« abbatiale ».
Sa construction commence en 1770. L’aménagement intérieur n’est pas terminé lors de la Révolution de 1789.
Le dernier abbé à y avoir habité est Dom Benoît Aubertin, originaire de Gerbépal dans les Vosges.
L’aile droite est détruite par un bombardement en 1915. Elle n’est pas reconstruite après 1918.
Le palais se trouve au bord sud de la place du Marché.
Une tour carrée, appelée « tour aux cigognes », prolonge le bâtiment. En réalité, il s’agit d’une cage d’escalier.
Elle est financée par Jacques Hartmann (1825-1887). L’architecte est Frédéric de Rutté et le sculpteur Eugène Dock. Au sommet du toit, les cigognes s’installent volontiers dans le nid.
À côté de la tour, un autre édifice est construit en 1892. Il est financé par Aimée Hartmann, veuve de Frédéric Hartmann, ancien maire de Munster et chef des manufactures Hartmann et Fils.
L’église abbatiale, aujourd’hui disparue, se trouvait devant la tour aux cigognes. Sa nef et son chœur sont détruits entre 1802 et 1805. La tour-clocher, fissurée, est abattue en 1865.
La Laub après 1918
Facile à reconnaître, c’est l’un des plus anciens édifices de Munster.
À l’origine, il se trouvait sur la place du Marché, entre la fontaine au lion et les marches de l’église protestante.
Il servait de marché couvert et de lieu de réunion pour les représentants de la communauté d’habitants du val saint Grégoire
Il est érigé en 1503, à la place d’un bâtiment vétuste.
Entre 1867 et 1873, il est démonté lors de la construction de l’église protestante. Il est ensuite reconstruit à son emplacement actuel.
Les deux arcades situées rue du Presbytère datent du XVe siècle. Elles portent encore des marques de tâcherons.
De l’ancienne Laub subsiste aussi une pierre d’angle, bien visible sur la façade.
L’inscription gravée indique :
« Ano domini MCCCCIII, do wart dis Hus gemaht »,
soit : « En l’an du Seigneur 1503, cette maison a été érigée. »
Aujourd’hui, le rez-de-chaussée accueille des expositions. Le premier étage sert de salle de cours, de conférences et de réunions.
Au fond du cimetière militaire mixte de Munster, reposent des soldats tombés pendant les deux guerres mondiales.
On peut y admirer un lion bavarois sculpté dans le grès gris. Il se dresse fièrement sur un socle.
Une inscription est gravée : « In Treue fest bis in den Tod » – « Ferme dans la fidélité jusque dans la mort ».
Près du cimetière, l’armée allemande avait installé pendant la Première Guerre mondiale une importante position d’artillerie, avec un mortier de 210. Les abris en béton sont encore visibles au fond du vallon.
Dans ce même cimetière, deux autres tombes sont remarquables : celle de Wang Bing, soldat indochinois mort en 1920, et celle de sept aviateurs anglo-canadiens, morts lors du crash de leur bombardier Lancaster au Hohrodberg, le 7 janvier 1945.
La date en caractères gothiques indique 1501
L’auberge de l’Aigle est un bâtiment emblématique de Châtenois. C’est la plus ancienne maison privée du village. Sous son oriel Renaissance, on peut lire la date Anno MCCCCCI, qui correspond à 1501. Avec la mairie, c’est l’un des deux seuls bâtiments portant une inscription en caractères gothiques. Au rez-de-chaussée, trois arcades en plein cintre donnent sur la rue.
Les encadrements de fenêtres sont sculptés. Ils sont typiques de la Renaissance rhénane. On retrouve des décors similaires sur plusieurs maisons du XVIᵉ siècle de Châtenois.
La rénovation récente a rouvert le passage sous les arcades. Elle a remis le bâtiment dans l’état visible sur les cartes postales des années 1890. Ces cartes montrent que les arcades ont été fermées vers 1898. La fermeture serait due aux traces laissées par les vaches qui allaient boire à la fontaine située en face.
Le premier propriétaire du bâtiment reste inconnu. Un blason est visible au plafond de l’oriel. Les spécialistes pensent qu’il est lié aux métiers de la pêche. Cela reste mystérieux, car cette activité n’a pas de lien connu avec Châtenois.
La maison est une auberge depuis au moins 1560. Cette fonction a duré plus de quatre siècles.
• À partir de 1597 : auberge Zum schwartzen Adler (« À l’Aigle noir »).
• En 1603 : auberge Zum Adler (« À l’Aigle »).
• En 1702 : auberge Zum Kästenbaum (« Au Châtaignier »), appelée aussi « À l’Arbre Vert » en français.
• À partir de 1860 : retour au nom Zum Adler (« À l’Aigle »).

À l’arrière du bâtiment se trouve un beau linteau en grès. En 1733, une cave destinée aux tonneaux de vin a été construite au sud de l’auberge. Elle portait les symboles du métier de tonnelier et les initiales JL pour Jean Linck, ainsi que la date 1733. Après la destruction de la cave, le linteau a été sauvé puis déplacé derrière le bâtiment.
En 1871, la famille Rugraff devient propriétaire de l’Aigle. L’hôtel vit alors une période prospère. Une salle est construite à l’arrière. Elle donne au lieu une grande notoriété, bien au-delà de Châtenois. De nombreuses fêtes de famille y sont organisées.

Cette histoire se termine pourtant. Malgré une tentative de reprise en 2000, l’Aigle ferme définitivement. Le bâtiment est rénové en 2005. Depuis 2024, il accueille provisoirement la gendarmerie.
Cette tour se trouvait à l’emplacement de l’actuelle rue Saint-Georges. Elle est rasée en 1929 pour créer un accès direct à l’église.
À l’origine, la tour est semi-circulaire. Elle est construite au XVe siècle lors de la création de la deuxième enceinte.
Elle sert de prison pour les malfaiteurs du village et du Comte-Ban.
Entre 1619 et 1629, sept personnes condamnées pour sorcellerie y sont emprisonnées.
C’est ainsi que, par transmission orale de génération en génération, la tour reçoit le nom de « Tour des Sorcières ».
Vendue à un particulier lors de la Révolution, elle est achetée au début du XIXe siècle par le notaire du village.
Ce dernier modifie son aspect et ajoute deux étages surmontés d’une terrasse.
Au début, la terrasse est ouverte, comme on le voit sur la lithographie de J. Rothmuller, antérieure à 1841. Elle sera couverte par la suite.

L’auberge en fonction la plus ancienne du village
Ce restaurant est l’auberge en activité la plus ancienne du village. Il occupe cette fonction depuis 227 ans.
L’histoire de cette maison est pourtant bien plus ancienne.
De 1560 à 1705, la partie avant servait de four communal et la partie arrière de cave dîmière. À l’intérieur de l’hôtel, on peut voir un très bel arc en grès provenant de cette cave dîmière. Il est sculpté d’un châtaignier, l’emblème de Châtenois, et porte le millésime 1574.
De 1705 à 1792, la maison devient une grange dîmière. La grange située derrière l’auberge est construite en 1705. C’est dans ce bâtiment que les villageois apportaient leur dîme, qui correspondait alors au dixième de leur récolte.
La partie avant de l’auberge actuelle est construite en 1798 par les anciens propriétaires de l’Hôtel de l’Aigle. Le linteau situé au-dessus de la porte d’entrée porte leurs initiales et la date de la construction : « AL 1798 FE » pour Antoine Linck et Françoise Esslinger.
Au début du XIXᵉ siècle, en 1807, la famille Speth installe une brasserie. Elle est exploitée dans la partie avant du bâtiment jusqu’en 1961. Ainsi, de la bière a été produite ici pendant plus d’un siècle.
Cette maison date de la seconde moitié du XVIIᵉ siècle. Elle est rénovée vers 1776 par Heinrich Berger. Celui-ci est meunier et originaire de Merle, dans le diocèse de Trèves. Sous le cadre d’une fenêtre, on distingue un reste de date : « 17 » accompagné d’une roue de meunier.
De 1904 à 1923, la maison est habitée par le tourneur sur bois Anton Loecher, surnommé « Drayer Toni ». On peut le voir sur la carte postale.

Le bâtiment est construit en 1888.
De 1888 à 1922, il abrite le tissage Bodenreiter.
De 1922 à 1929, il devient le tissage Wittwer.
De 1929 à 1968, il accueille les établissements Marchal.
Depuis 1822, l’industrie textile est dirigée par des industriels de Sainte-Marie-aux-Mines. Elle emploie de nombreuses personnes. Cette activité se poursuit sur une longue période.

> Plan avec des différents emplacements des établissements textiles de Châtenois.
La maison est construite par Daniel KELLER en 1596
Le rez-de-chaussée en pierre date de 1596. La date est sculptée au-dessus de la porte Renaissance située dans la cour. La maison est construite par Daniel KELLER, mentionné comme aubergiste « Zu den 3 Koenigen » (Aux Trois Rois) dès 1597.
Les premier et deuxième étages sont en colombages. Une belle fenêtre d’angle de style Renaissance se trouve au croisement de la rue Véronique et de la rue Maréchal Foch. Une tête sculptée apparaît sous cette fenêtre.
L’auberge « Zu den 3 Königen » (Aux Trois Rois) fonctionne ainsi depuis sa construction en 1596 jusqu’après 1783. Des personnages sculptés décorent les poteaux corniers, datés de 1712.
Après la Révolution, l’auberge change de nom et devient « Zum Wagen », car les rois ne sont plus !
Cette maison Renaissance possède un très bel encadrement de porte, décoré de douviers de tonnelier.
De 1858 à environ 1955, elle abrite une fabrique de pains d’épices tenue par la famille Dussourd.
