Le kaiser en visite au château
La guerre de Trente Ans fait rage en Alsace, quand l’armée suédoise prend le château en 1633.
Le pillage et l’incendie qui suivent, laissent une ruine qui ne sera classé monument historique que deux siècles plus tard, avant d’être acquise par la ville de Sélestat en 1865.
Peu de temps après l’annexion, la Ville offre les ruines de l’édifice à Guillaume II qui entreprend rapidement sa restauration.
Le Kaiser, qui rêve de ressusciter l’ancien Empire germanique, se rend régulièrement sur le chantier.
Outre son intérêt pour l’histoire médiévale et sa volonté de faire de l’Alsace une terre allemande. Il entend faire de cette forteresse un lieu emblématique de son pouvoir.
Ses armes gravées sur le portail d’honneur, au-dessus de celles Charles Quint le désignent comme héritier légitime.
C’était en 1908 au château du Haut-Kœnigsbourg.
Le prince Guillaume II s’intéresse tout particulièrement à l’Alsace depuis que la ville de Sélestat lui a fait don en mai 1899 des ruines du château du Haut-Koenigsbourg qu’il décide de reconstruire. La Délégation d’Alsace-Lorraine vote un crédit de 700 000 mark pour la restauration du château et espère une politique plus libérale.
À la jonction du pouvoir civil et militaire, Guillaume II doit arbitrer entre deux conceptions divergentes de la germanisation du Reichland, les uns prônant une politique de fermeté, les autres une conquête par des réformes libérales. Dans un premier temps, réceptif aux arguments des militaires, il refuse de supprimer le « paragraphe de la dictature » conférant les pouvoirs extraordinaires de museler la presse en cas de danger pour la sécurité publique. Toutefois, après un nouveau passage au château, il ordonne d’abolir le fameux « diktat » !
C’était le 09 mai 1902, au Château du Haut-Koenigsbourg.