La date en caractères gothiques indique 1501
L’auberge de l’Aigle est un bâtiment emblématique de Châtenois. C’est la plus ancienne maison privée du village. Sous son oriel Renaissance, on peut lire la date Anno MCCCCCI, qui correspond à 1501. Avec la mairie, c’est l’un des deux seuls bâtiments portant une inscription en caractères gothiques. Au rez-de-chaussée, trois arcades en plein cintre donnent sur la rue.
Les encadrements de fenêtres sont sculptés. Ils sont typiques de la Renaissance rhénane. On retrouve des décors similaires sur plusieurs maisons du XVIᵉ siècle de Châtenois.
La rénovation récente a rouvert le passage sous les arcades. Elle a remis le bâtiment dans l’état visible sur les cartes postales des années 1890. Ces cartes montrent que les arcades ont été fermées vers 1898. La fermeture serait due aux traces laissées par les vaches qui allaient boire à la fontaine située en face.
Le premier propriétaire du bâtiment reste inconnu. Un blason est visible au plafond de l’oriel. Les spécialistes pensent qu’il est lié aux métiers de la pêche. Cela reste mystérieux, car cette activité n’a pas de lien connu avec Châtenois.
La maison est une auberge depuis au moins 1560. Cette fonction a duré plus de quatre siècles.
• À partir de 1597 : auberge Zum schwartzen Adler (« À l’Aigle noir »).
• En 1603 : auberge Zum Adler (« À l’Aigle »).
• En 1702 : auberge Zum Kästenbaum (« Au Châtaignier »), appelée aussi « À l’Arbre Vert » en français.
• À partir de 1860 : retour au nom Zum Adler (« À l’Aigle »).

À l’arrière du bâtiment se trouve un beau linteau en grès. En 1733, une cave destinée aux tonneaux de vin a été construite au sud de l’auberge. Elle portait les symboles du métier de tonnelier et les initiales JL pour Jean Linck, ainsi que la date 1733. Après la destruction de la cave, le linteau a été sauvé puis déplacé derrière le bâtiment.
En 1871, la famille Rugraff devient propriétaire de l’Aigle. L’hôtel vit alors une période prospère. Une salle est construite à l’arrière. Elle donne au lieu une grande notoriété, bien au-delà de Châtenois. De nombreuses fêtes de famille y sont organisées.

Cette histoire se termine pourtant. Malgré une tentative de reprise en 2000, l’Aigle ferme définitivement. Le bâtiment est rénové en 2005. Depuis 2024, il accueille provisoirement la gendarmerie.
Cette tour se trouvait à l’emplacement de l’actuelle rue Saint-Georges. Elle est rasée en 1929 pour créer un accès direct à l’église.
À l’origine, la tour est semi-circulaire. Elle est construite au XVe siècle lors de la création de la deuxième enceinte.
Elle sert de prison pour les malfaiteurs du village et du Comte-Ban.
Entre 1619 et 1629, sept personnes condamnées pour sorcellerie y sont emprisonnées.
C’est ainsi que, par transmission orale de génération en génération, la tour reçoit le nom de « Tour des Sorcières ».
Vendue à un particulier lors de la Révolution, elle est achetée au début du XIXe siècle par le notaire du village.
Ce dernier modifie son aspect et ajoute deux étages surmontés d’une terrasse.
Au début, la terrasse est ouverte, comme on le voit sur la lithographie de J. Rothmuller, antérieure à 1841. Elle sera couverte par la suite.

L’auberge en fonction la plus ancienne du village
Ce restaurant est l’auberge en activité la plus ancienne du village. Il occupe cette fonction depuis 227 ans.
L’histoire de cette maison est pourtant bien plus ancienne.
De 1560 à 1705, la partie avant servait de four communal et la partie arrière de cave dîmière. À l’intérieur de l’hôtel, on peut voir un très bel arc en grès provenant de cette cave dîmière. Il est sculpté d’un châtaignier, l’emblème de Châtenois, et porte le millésime 1574.
De 1705 à 1792, la maison devient une grange dîmière. La grange située derrière l’auberge est construite en 1705. C’est dans ce bâtiment que les villageois apportaient leur dîme, qui correspondait alors au dixième de leur récolte.
La partie avant de l’auberge actuelle est construite en 1798 par les anciens propriétaires de l’Hôtel de l’Aigle. Le linteau situé au-dessus de la porte d’entrée porte leurs initiales et la date de la construction : « AL 1798 FE » pour Antoine Linck et Françoise Esslinger.
Au début du XIXᵉ siècle, en 1807, la famille Speth installe une brasserie. Elle est exploitée dans la partie avant du bâtiment jusqu’en 1961. Ainsi, de la bière a été produite ici pendant plus d’un siècle.
Cette maison date de la seconde moitié du XVIIᵉ siècle. Elle est rénovée vers 1776 par Heinrich Berger. Celui-ci est meunier et originaire de Merle, dans le diocèse de Trèves. Sous le cadre d’une fenêtre, on distingue un reste de date : « 17 » accompagné d’une roue de meunier.
De 1904 à 1923, la maison est habitée par le tourneur sur bois Anton Loecher, surnommé « Drayer Toni ». On peut le voir sur la carte postale.

Le bâtiment est construit en 1888.
De 1888 à 1922, il abrite le tissage Bodenreiter.
De 1922 à 1929, il devient le tissage Wittwer.
De 1929 à 1968, il accueille les établissements Marchal.
Depuis 1822, l’industrie textile est dirigée par des industriels de Sainte-Marie-aux-Mines. Elle emploie de nombreuses personnes. Cette activité se poursuit sur une longue période.

> Plan avec des différents emplacements des établissements textiles de Châtenois.
La maison est construite par Daniel KELLER en 1596
Le rez-de-chaussée en pierre date de 1596. La date est sculptée au-dessus de la porte Renaissance située dans la cour. La maison est construite par Daniel KELLER, mentionné comme aubergiste « Zu den 3 Koenigen » (Aux Trois Rois) dès 1597.
Les premier et deuxième étages sont en colombages. Une belle fenêtre d’angle de style Renaissance se trouve au croisement de la rue Véronique et de la rue Maréchal Foch. Une tête sculptée apparaît sous cette fenêtre.
L’auberge « Zu den 3 Königen » (Aux Trois Rois) fonctionne ainsi depuis sa construction en 1596 jusqu’après 1783. Des personnages sculptés décorent les poteaux corniers, datés de 1712.
Après la Révolution, l’auberge change de nom et devient « Zum Wagen », car les rois ne sont plus !
Cette maison Renaissance possède un très bel encadrement de porte, décoré de douviers de tonnelier.
De 1858 à environ 1955, elle abrite une fabrique de pains d’épices tenue par la famille Dussourd.

Linteau de 1579 avec tranchoir de boucher.
En face de la porte avec le tranchoir se trouvait le tissage Koenig. Voici une photos le montrant.

À l’emplacement des immeubles actuels se trouvait la plus importante usine textile de Châtenois. La première construction date de 1855 et a été réalisée par Fischer, de Sainte-Marie-aux-Mines.
En 1858, le tissage est racheté par Napoléon Koenig.
Détruit lors du grand incendie de Châtenois en 1875, il est reconstruit et agrandi, comme on le voit sur la photo.

De 1858 à 1951, l’établissement reste aux mains de Koenig.
De 1951 à 1965, il devient le tissage Marchal.
Par la suite, pendant de nombreuses années, l’aile sud sert de salle de fête et, vers la fin, l’aile nord devient la bibliothèque communale.
Après un dernier incendie de l’aile sud, le bâtiment est démoli et remplacé par des immeubles.
La première fabrique de tissage est construite en 1839 par Degermann, de Sainte-Marie-aux-Mines.
De 1844 à 1866, le bâtiment abrite le tissage Matheus.
En 1856, après avoir acheté la maison voisine, Matheus construit une fabrique plus grande.
En 1896, le tissage devient Kayser.
De 1904 à 1911, c’est le tissage Lebach.
En 1908, le tissage Bloch et Cie ajoute un nouveau bâtiment à l’existant, formant la structure actuelle.
De 1911 à 1930, il devient le tissage Alexandre.
De 1930 à 1975, les établissements G. Marchal l’exploitent.
Située au bout de la rue Clémenceau, la porte Est est le seul vestige des trois portes fortifiées que comptait Châtenois. Le village était alors entouré d’une enceinte en terre.
Quatre portes permettaient d’y accéder :
• une au sud, au niveau de l’étranglement, appelée « Oberes Thor » ;
• une au nord, à l’intersection de la rue du Rhin et de la rue Maréchal Foch, appelée « Niederes Thor » ou « Unterthor » ;
• une à l’ouest, à la sortie de la rue des Alliés, appelée « Kalcksthörell » ;
• et la porte Est, dont subsiste ce vestige, nommée « Grosses Kalcksgasse ».
D’après le procès pour sorcellerie de Georges Groeber en 1617, cette porte était déjà mentionnée à cette époque. La porte Est a été détruite en 1855.

> Plan du village avec l’emplacement des 4 portes (Ruffe 1930)