Le prince Guillaume II s’intéresse tout particulièrement à l’Alsace depuis que la ville de Sélestat lui a fait don en mai 1899 des ruines du château du Haut-Koenigsbourg qu’il décide de reconstruire. La Délégation d’Alsace-Lorraine vote un crédit de 700 000 mark pour la restauration du château et espère une politique plus libérale.
À la jonction du pouvoir civil et militaire, Guillaume II doit arbitrer entre deux conceptions divergentes de la germanisation du Reichland, les uns prônant une politique de fermeté, les autres une conquête par des réformes libérales. Dans un premier temps, réceptif aux arguments des militaires, il refuse de supprimer le « paragraphe de la dictature » conférant les pouvoirs extraordinaires de museler la presse en cas de danger pour la sécurité publique. Toutefois, après un nouveau passage au château, il ordonne d’abolir le fameux « diktat » !
C’était le 09 mai 1902, au Château du Haut-Koenigsbourg.